9th September 2010

La parabole chilienne

Poste par L-Ouest le 3 mars 2010     Ajouter un commentaire

Après la grande courbe sur le 47° Sud des jours précédents, Groupama 3 a entamé sa descente parabolique vers le détroit de Drake en tribord amure à des vitesses raisonnables au vu de l’état de la mer. Le cap Horn devrait être atteint jeudi, dans un vent mollissant, et la suite du programme atlantique est encore incertaine…

À environ 600 milles du cap Horn, l’atterrissage sur les côtes chiliennes n’est pas prévu avant jeudi en début d’après-midi, mais il n’est pas encore sûr que Franck Cammas et ses neuf équipiers rasent de près ce rocher mythique. Une borne légendaire qui fait rêver tous les marins du monde mais qui n’engage pas à rester trop longtemps dans ces parages mouvementés…

« On est un peu secoué et en fin de quart, on a vraiment froid. On se bat contre l’humidité ! Côté navigation, on avait très bien commencé cet océan Pacifique, mais après, ça ne s’est pas passé comme prévu. On est un peu déçu d’avoir perdu autant de temps pour gérer cette dépression : on pensait avoir deux jours de marge au Horn et en fait, on va passer quasiment en même temps. Mais le trimaran est en parfait état, prêt à remonter l’Atlantique : on va se refaire ! Je me souviens que sur Orange 2, nous avions été favorisés par un grand coup de pied aux fesses pour remonter le long des côtes argentines… Ce n’est a priori pas ce qui va nous arriver : il faudrait que la météo nous aide un peu. » indiquait Lionel Lemonchois (déjà cinq fois cap-hornier…) à la vacation radio de 12h30 avec le PC Course parisien de Groupama.

La mer est espérance…

Bruno Peyron et son équipage avaient dû en 2005 effectuer plusieurs empannages pour parer la pointe chilienne et cinq ans plus tard, Groupama 3 a retrouvé (depuis 6h00, heure française) quasiment la même trace, mais avec plus de 280 milles d’avance, soit pratiquement une demi-journée. Mais là encore, cet avantage va de nouveau jouer au yo-yo car avec le vent d’Ouest mollissant annoncé dès la nuit prochaine, Franck Cammas et ses hommes devront empanner plusieurs fois pour rester sur le 57° Sud jusqu’au cap Horn.

« Le jour s’est levé depuis une petite demi-heure : je suis à la table à cartes pour envoyer quelques mails en attendant de monter sur le pont avec Ronan et Fred. C’est une façon de se préparer au froid et à l’humidité qui règne dehors ! Ce sont un peu les mêmes conditions qu’hier : trente nœuds de vent, du soleil, une grosse houle de quatre à cinq mètres. Le bateau descend de grandes pentes, ambiance mers du Sud… Depuis hier soir, nous ne sommes pas très toilés avec deux ris dans la grand-voile et le petit gennaker : il n’y a pas besoin de beaucoup de toile parce qu’il nous faut abattre pour se mettre dans le sens de la mer et pour surfer sur les vagues. Si on essaye de lofer, ça devient trop brutal pour le bateau. »

… Le Horn est sa liberté

« Le vent devrait mollir en arrivant près des côtes chiliennes et la mer devrait aussi se calmer. Les routages changent tous les jours parce que la situation est assez instable : l’évolution semble indiquer une trajectoire vers le Nord-Est, vers les Falkland, contre le vent ! Mais tout ça va se préciser au passage du cap Horn. A priori, il y a souvent une transition météorologique quand on passe en Atlantique : les vents sont rarement les mêmes d’un côté et de l’autre de la cordillère des Andes. »

Les conditions de navigation vont donc sensiblement se modifier en entrant dans l’Atlantique, et l’équipage va être fortement sollicité pour s’extraire de cette zone de transition. La grande satisfaction, bien que Groupama 3 n’ait pas franchement de marge sur le temps de référence, sera d’être sorti indemne des mers du Sud et surtout, avec un trimaran en parfait état pour avaler les 7 000 milles qui restent à parcourir jusqu’à Ouessant. « Mar esperanza, Horno libertad. »

Important : Une vacation spéciale, réservée à la presse, sera organisée jeudi à 17h30, heure française. Merci à ceux d’entre-vous qui souhaitent poser leurs questions à Franck Cammas et à son équipage d’appeler le 0825 15 30 70 à 17h25.

Tableau de marche de Groupama 3 : départ le 31 janvier à 13h 55′ 53 » TU
(Nombre de milles parcourus par rapport à la route optimale du Trophée Jules Verne)
Jour 1 (1er février 14h TU) : 500 milles (retard = 94 milles)
Jour 2 (2 février 14h TU) : 560 milles (avance = 3,5 milles)
Jour 3 (3 février 14h TU) : 535 milles (avance = 170 milles)
Jour 4 (4 février 14h TU) : 565 milles (avance = 245 milles)
Jour 5 (5 février 14h TU) : 656 milles (avance = 562 milles)
Jour 6 (6 février 14hTU) : 456 milles (avance = 620 milles)
Jour 7 (7 février 14h TU) : 430 milles (avance = 539 milles)
Jour 8 (8 février 14h TU) : 305 milles (avance = 456 milles)
Jour 9 (9 février 14h TU) : 436 milles (avance = 393 milles)
Jour 10 (10 février 14h TU) : 355 milles (avance = 272 milles)
Jour 11 (11 février 14h TU) : 267 milles (retard = 30 milles)
Jour 12 (12 février 14h TU) : 274 milles (retard = 385 milles)
Jour 13 (13 février 14h TU) : 719 milles (retard = 347 milles)
Jour 14 (14 février 14h TU) : 680 milles (retard = 288 milles)
Jour 15 (15 février 14h TU) : 651 milles (retard = 203 milles)
Jour 16 (16 février 14h TU) : 322 milles (retard = 375 milles)
Jour 17 (17 février 14h TU) : 425 milles (retard = 338 milles)
Jour 18 (18 février 14h TU) : 362 milles (retard = 433 milles)
Jour 19 (19 février 14h TU) : 726 milles (retard = 234 milles)
Jour 20 (20 février 14h TU) : 672 milles (retard = 211 milles)
Jour 21 (21 février 14h TU) : 584 milles (retard = 124 milles)
Jour 22 (22 février 14h TU) : 607 milles (retard = 137 milles)
Jour 23 (23 février 14h TU) : 702 milles (avance = 52 milles)
Jour 24 (24 février 14h TU) : 638 milles (avance = 208 milles)
Jour 25 (25 février 12h TU) : 712 milles (avance = 365 milles)
Jour 26 (26 février 14h TU) : 687 milles (avance = 430 milles)
Jour 27 (27 février 14h TU) : 797 milles (avance = 560 milles)
Jour 28 (28 février 14h TU) : 560 milles (avance = 517 milles)
Jour 29 (01 mars 14h TU) : 434 milles (avance = 268 milles)
Jour 30 (02 mars 14h TU) : 575 milles (avance = 184 milles)
Jour 31 (03 mars 14h TU) : 617 milles (avance = 291 milles)

Poste un commentaire

(requis, mais non publie)